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Ère nouvelle

Les conquérants du pouvoir

Ils oublièrent bientôt vos exploits effectués au cirque

Le pouvoir. Si vous deveniez un conquérant et que vous subjuguiez un autre conquérant, vous auriez le pouvoir, n’est-ce pas ? Mais cela est tellement fugace, car les masses sont inconstantes et elles oublient bientôt les exploits que vous avez accomplis au cirque. Vous devez donc effectuer une autre sortie et effectuer d’autres conquêtes. Et vous devez maintenir le rythme pour assurer votre gloire. Or, cette glorification, rappelez-vous, est neutralisé par l’image. Car la gloire naturelle, qui est à l’intérieur de vous, est réprimée par l’ego altéré, de sorte que vous n’arrivez même jamais à ressentir la gloire. Vous devez donc redoubler d’ardeur !

Savez-vous que votre ego altéré s’érige en gardien de votre âme, de votre subconscient ? Il ne permet à rien de ce qui ne correspond pas à son image de siéger dans l’âme. Autrement dit, imaginez que quelqu’un vous dise qu’on vous aime. Votre ego altéré dirait : « Sors d’ici ! » Et ce sentiment ne parviendrait jamais à la connaissance de l’âme. À chaque vie, l’ego altéré ne laisse entrer dans l’âme que ce qui correspond à son image. C’est pourquoi vous êtes enlisés dans une ornière depuis si longtemps.

Revenons aux hommes. Ces hommes ont continué à se battre. Les vainqueurs ont formé des tribus, puis des gouvernements et des royaumes pour gouverner les gens. Souvent au nom de Dieu, leur Dieu, quel qu’il soit. Ainsi débuta la terreur d’un pays conquérant un autre pays, la misère humaine, la tuerie et la puanteur qui dure depuis 35 000 ans.

Qu’est-ce qui était important pour le conquérant ? Le pillage du trésor de sa victime. Vous savez : le mettre à sac, cela prouvé qu’il avait gagné. C’est pourquoi vous trouverez des trésors anciens éparpillés autour du globe et exposés avec tant de fierté. De précieux et très anciens objets fabriqués reposent dans des mausolées: ils constituent les pièces centrales d’allées de garages et de routes gazonnées en leur milieu. Et vous les regarder avec une grande fierté : « Oui, oui, oui, c’était l’aiguille à tricoter de Cléopâtre », ou quoi que ce soit, et tout un chacun s’exclame: « Oh ! N’est ce pas merveilleux ! C’est brillant ! C’est une œuvre d’art ! » Et personne ne demande : « Comment l’avons-nous acquise ? »

Ainsi, l’acquisition de trésors volés devint un rituel respecté. Êtes vous conscients qu’on continue encore aujourd’hui de vénérer l’exposition du butin d’un royaume conquis et possédé ? Et les pillards ont bonne conscience : ils sont allés à la guerre, ils ont conquis, ils ont fait main basse. « Je suis venu. J’ai vu. J’ai conquis ! » Une triade prononcée durant toute l’existence de l’homme. On ne voit pas de problème à mettre à sac la sépulture d’un roi et à ravir ses trésors au nom de l’histoire. On considérait bénin d’attaquer un royaume et de réduire son peuple en esclavage. Le vol fut légitimé par nos ancêtres, peu importe que le butin de la guerre fut constituer des trésors de la nation conquise ou de l’asservissement de son peuple.

La conquête et le pillage eurent lieu pendant un bon bout de temps. Ainsi les rois ont toujours possédé une provision d’or et les ressources humaines nécessaires pour entreprendre n’importe quelle expédition guerrière, ou pour maintenir n’importe quelle position. Ils étaient très riches. Les conquérants prirent au conquis leur terre et, dans le cadre de l’opération, ils mirent à sac les forêts du pays et plantèrent du grain. Ils violèrent la terre. Ils prirent le produit de la terre et l’expédièrent dans leur propre pays pour nourrir leurs hordes et la foule sur la place publique. Les politiciens devaient garder la foule satisfaite. Le saviez-vous ? Ils devaient maintenir leur estomac rempli, il devait les divertir continuellement. Pourquoi ? Parce que ce fut important d’obtenir des votes lorsque cela devint à la mode. Ce sont les gens qui maintiennent leurs rois au pouvoir.

Qu’est-il advenu aux terres de quelques-uns de ces pays exotiques dont vous ne vous rappelez même plus le nom ? Ces pays qui étaient couverts d’anciennes forêts et de prés d’herbes douces, à l’odeur relevée ? Qu’est-il advenu de leurs trésors scintillants, extraits délicatement des mines en prenant soin de ne pas violenter la terre ? Avec le temps, ils ont été ravagés par des rois conquérants. Et tout ce qu’il en reste maintenant consiste en régions désertiques, dunes de sable, terres abandonnées où florissaient jadis des forêts touffues qui cachaient des créatures nocturnes remplies de mystère. Maintenant il n’y a plus que de la poussière. Pas très mystérieux.

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